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Bâtiment Saint-Gobain, Tokyo, Japon
Inauguré le 9 février 2000
par SE Maurice Gourdault-Montagne, Ambassadeur de France au Japon
Maître d’ouvrage : Saint-Gobain Japan Co., Ltd.
Maître d’oeuvre :Atlantis Associates Co., Ltd. Architects .Planners; Albert Abut Architecte D.P.L.G.
Equipe AA : Albert Abut, Kyohei Tonogaichi, Tamaki Oguro, Masayuki Hata
Ingénierie Sructure : ACT
Ingénierie Mecanique/fluides : Morimura
Entreprise : Kajima Construction
Réalisation artistique : Studio Xenos
Avec quel matériau concevoir le premier bâtiment au Japon de la plus vieille entreprise française, Saint-Gobain, sinon du verre ? Production de base de l’entreprise, le verre s’est imposé de lui-même, comme l’eau - rappelant l’océan qui sépare la France du Japon - et les technologies les plus récentes qui feront que ce bâtiment résistera au passage du temps, et vieillira comme vieillissent les bâtiments en France : avec puissance et grâce.
Intégration urbaine
A quelques centaines de mètres du Palais Impérial, le terrain se situe à la rencontre de deux tissus urbains, tous deux tangents au mail ovale contournant le Palais. De cette configuration du terrain est né le désir d’articuler deux volumes, sous un angle de quelques degrés au sol, qui, en s’élevant jusqu’à se confondre à leur sommet, adoptent des formes qui exploitent au maximum les limites fixées par les différents gabarits réglementaires.
La transparence du bâtiment exprime, quant à elle, sans ambiguité la politique économique de son commanditaire qui souhaite en faire sa signature dans la ville/le pays : et si la fonctionnalité des volumes s’adresse avant tout à ses occupants, les formes appartiennent s’adresseront à tous, à la rue, à la ville dans laquelle elles s’inscrivent.
Rapport à l’environnement culturel/historique local
Chaque volume a une transparence diurne et nocturne spécifique déterminée par le choix du type de verre. Le verre sérigraphié dont le motif rappelle le "yuki-mi" (des shojis transparents dans leur zone médiane pour mieux "regarder la neige"), utilisé pour la façade du volume sud-ouest, a ainsi pour but de controler l’intensité des rayons solaires. En revanche, la façade du volume parallèle à la rue principale, reculée de quelques mètres à compter du 1er sous-sol pour permettre à la lumière naturelle d’inonder les salles de réunion, n’utilise que du verre transparent.
Le plancher de ces salles est au même niveau que le plan d’eau extérieur, donnant l’impression que le bâtiment se dégage comme il le peut de la brume solide qui l’entoure, de cet environnement bétonné de la mégalopole stalactique qu’est Tokyo. En cela il s’apparente au pavillon d’or à Kyotoc noyé, lui, dans la vraie brume du plan d’eau ("Kyokochi" ou "Kagami no Mizu Umi" - "lac de miroir") duquel il surgit.
Identité de l’entreprise
Placé au-dessus de ce plan d’eau symbolique et du vide créé au-dessus de lui, le pont qui permet d’accéder au rez-de-chaussée du bâtiment, rappelle le logo de Saint Gobain/Pont-à-Mousson. Le sol en verre anti-dérapant de ce pont mène au hall d’entrée abritant les ascenseurs.
Identité du bâtiment
Le hall d’entrée, realisé à l’image d’une ceinture d’astéroides et dont l’inspiration vient d’une tranche de météorite composée de limonite à l’aide de verre et d’acier inox, tous deux fabriqués dans l’espace, projette le visiteur en quelque sorte dans le futur.
Toutes les couleurs utilisées à l’intérieur du bâtiment proviennent de la palette historique du verre, du vert pâle à la transparence complète, laissant alternativement passer les rayons francs du soleil ou, au contraire, diffusant doucement la lumière avec du verre Master Ray, dont les motifs ont été reproduits dans la totalité du bâtiment.
Matériaux - technologies
Matériau parmi les plus récents de l’entreprise, le verre Polyglass utilisé ici rend hommage à la capacité de l’entreprise à constamment renouveler ses technologies depuis son installation il y a 335 ans dans le quartier du Faubourg Saint Antoine à Paris pour, entre autres, réaliser les panneaux de verre et de miroir destinés à la Galerie des Glaces du Palais de Versailles.
Associé à un système de double-vitrage et à des sensors (déclenchant une modulation de l’éclairage intérieur en fonction de l’intensité de la lumière reçue) disposés le long de la façade, le verre du mur-rideau (premier bâtiment au Japon avec murs-rideaux en double vitrage) a permis aussi de livrer l’un des premiers bâtiments au Japon,dont la consommation énergétique ait été réduite de 30% par rapport aux immeubles de bureaux traditionnels de taille équivalente.
D’autres systèmes ont également été mis en place pour faire de ce bâtiment un ( éco-immeuble HQE ). Les glaçons fabriqués uniquement la nuit, quand le coût d’électricité descend à 20% de celui du jour, sont utilisés le lendemain pour la climatisation. Par une division en quatre zones de chauffage/climatisation distinctes, la température de chaque zone est contrôlée individuellement, en été comme en hiver, en fonction de la présence ou d’absence de rayons solaires à chaque moment de la journée.
Autres spécifications techniques
Double-vitrage acoustique : feuilles de 8 et 6 mm + 12mm de vide entre les deux feuilles ;
1er bâtiment au Japon avec du Verre anti-feu sans maille métallique en façade ;
Plancher technique de 75 mm d’épaisseur pour courant fort & courant faible ;
Faux-plafond acoustique avec matériaux/dessin/trames originaux.
Autres materiaux français/européens utilisés dans ce bâtiment :
-moquette Vorwerk (Allemagne, no1 mondial)
-cloisons et faux-plafonds Clestra-Hausermann (France, no 1 mondial)
-ascenseurs Schindler (Suisse, parmi les leaders mondiaux)
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